Notre séjour à Center Parcs en fauteuil roulant (et en trike)

Notre séjour à Center Parcs en fauteuil roulant (et en trike)

Bien que l’on soit plutôt des aficionados du camping, je rêvais depuis longtemps de découvrir Center Parcs.

La dernière fois que nous sommes partis en vacances, c’était l’été dernier, avant que mes problèmes de marche ne se révèlent. Depuis, nous n’avions pas osé partir, alors que d’habitude, nous partions tous les hivers au ski.

Cette année, le ski était hors de question, à mon grand regret, moi qui fait du ski depuis près de 25 ans. La seule année où je n’avais pas skier, jusque là, était l’année où j’étais enceinte.

Comme on avait quand même envie – et besoin – de partir loin des tracas du quotidien, je me suis dit que partir à Center Parcs pourrait être une bonne idée.

Alors oui, Center Parcs, c’est une grande usine à tourisme, assez éloignée de l’idée de vacances à laquelle nous tenons. Mais pour une fois, nous voulions quelque chose de tout prêt, que l’on saurait adapté à mon handicap sans se prendre la tête, et en même temps proche de la nature.

Nous avons choisi de partir au Center Parcs les Trois Forêts, en Moselle, un peu au hasard et en profitant d’une vente privée – hors vacances scolaires et en basse saison, les prix sont raisonnables.

Pour la première fois depuis la naissance de Mini Martien, nous sommes partis en vacances en amoureux. Nous l’avions déjà laissé à Mamie Martien deux ou trois jours, mais jamais aussi longtemps, et pas pour partir en vacances. Mais avec l’installation de mon handicap – qui ne semble pas vouloir nous lâcher pour le moment -, nous avions besoin de quelques jours en tête à tête.

Premier jour : l’arrivée

Après presque trois heures de route et un itinéraire bien fléché, nous arrivons enfin au Center Parcs Les Trois Forêts. Il y a quelques voitures au check-in à l’entrée, mais nous n’attendons pas très longtemps. Un membre du personnel nous accueille, vérifie notre réservation et nous explique où se trouve notre cottage.

En théorie, on ne peut pas choisir l’emplacement de son cottage – sauf à payer une option en sus. Mais avec mes problèmes de mobilité, nous avons demandé un cottage PMR (il nous a fallu téléphoné directement au Center Parcs). Pas de pot, le type de cottage que nous avions choisi n’était pas disponible pour les PMR, mais la personne que Papa Martien a eu au téléphone nous a assigné un cottage le plus proche possible du Dôme (oui, je déteste téléphoner, donc c’est Papa Martien qui s’en charge souvent).

En soit, ce n’est pas très grave dans mon cas, car je peux encore me déplacer à l’intérieur sans trop de soucis et que je n’ai pas besoin d’aménagement spécifique – mais faites attention à vous renseigner avant de réserver si vous souhaitez un cottage PMR.

Nous sommes arrivés un peu avant 17 heures (les cottages sont disponibles à partir de 15 heures, mais on peut profiter des installations à partir de 10 heures). Nous avions choisi un cottage VIP 4 personnes, vu le peu de différence de prix avec les autres cottages – et Papa Martien avait envie d’avoir son propre sauna – et moi une baignoire à remous.

L’extérieur des cottages est recouvert de bois (de l’épicéa si mes souvenirs sont bons) et se fond bien avec les sapins qui les entourent. Les cottages sont jumelés mais en quinconce, ce qui donne une impression d’espace.

L’intérieur est propre (parfois un peu poussiéreux au niveau des plafonds, mais c’est vraiment pour être pointilleux). La disposition des pièces donnent une impression Dun grand espace intérieur, on ne se sent pas à l’étroit. Le salon-salle à manger a une immense baie vitrée qui donne sur la forêt. Bref, l’ambiance est reposante.

Après avoir déchargé nos affaires et laissé la voiture au parking le plus proche (la circulation des véhicules étant interdites dans l’infrastructure), nous allons à la découverte du Dôme. Il se trouve à environ 5 minutes de notre cottage, et il y a une bonne pente pour y accéder. Ca ne pose pas trop de soucis pour nous, même si Papa Martien peinait un peu, mais attention si vous propulsez vous-même votre fauteuil.

Le Dôme est une structure assez gigantesque qui regroupe l’Aqua Mundo, les restaurants et boutiques, le point d’information. Dans une ambiance tropicale, on trouve également des espaces de jeux pour les enfants (j’aurais rêvé de ce genre d’installations quand j’étais gamine).

Papa Martien et moi avons un sens de l’orientation désastreux et nous mettons un peu de temps à trouver l’Aqua Mundo. Pour faire marche arrière tout de suite en se rappelant qu’il faut aller demander à l’accueil la clé pour les cabines PMR, que l’on nous donne contre la carte de notre cottage en caution. C’est un peu galère d’ouvrir la cabine PMR avec la clé, qui n’est pas vraiment prévue pour un usage fréquent à mon avis, le pas de vis en plastique est bien usé.

Je craignais d’ailleurs que l’on refuse de nous donner la clé pour la cabine PMR, car je n’ai pas de carte d’invalidité. Mais nous n’avons eu aucun souci (au contraire de certains parcs d’attraction pour lesquels la carte d’invalidité semble obligatoire, même si on ne demande pas une réduction sur le tarif de l’entrée, juste la possibilité d’accéder aux attractions).

Les cabines PMR sont spacieuses, avec douche, fauteuil de douche, et même une sorte de table de massage. On n’ose pas aller plus loin avec mon fauteuil roulant et on le laisse là, mais le chemin jusqu’au bassin est assez long, sans compter les distances à parcourir entre les différents bassins et toboggans.

L’ambiance est encore là tropicale, plutôt réussie. Il fait chaud et l’eau est chaude (30 degrés pour la température de l’eau, 29 pour la température de l’air).

Je suis contente de réussir à monter les escaliers, malgré mon déficit musculaire au niveau des fléchisseurs des hanches, avec l’aide de Papa Thomas, pour accéder aux toboggans (même si je sens que mes genoux et mes hanches apprécient moyennement). Les toboggans ne sont pas super impressionnants (enfin, en tout cas pas vraiment pour moi qui ait déjà fait bien plus impressionnant), mais très sympas quand même. La rivière sauvage est finalement plus sympa, ça va vite, on passe à l’extérieur, on est même un peu malmenés à certains endroits.

On a croisé deux personnes en fauteuil dans le Dôme, dont une petite fille à l’Aqua Mundo. Ses parents avaient amené son fauteuil jusqu’à l’espace aquatique, ce qu’on n’hésitera pas à faire la prochaine fois, parce que le retour jusqu’à la cabine après avoir beaucoup marché était très fatigant pour moi.

Deuxième jour : la découverte

Je passe la matinée à dormir (merci à mon nouvel anti-épileptique qui m’assomme) pendant que Papa Martien glandouille sur le canapé dans le salon.

L’après-midi, nous partons à la découverte du parc et de la forêt, en VTT pour Papa Martien et en trike avec assistance électrique pour moi. Le Center Parcs des Trois Forêts s’étend quand même sur une surface importante, et c’est un peu un labyrinthe (ou alors c’est toujours notre sens de l’orientation pourri qui nous joue des tours).

On finit par entrer dans la forêt et la parcourons sur des chemins un peu boueux mais tout à fait praticable en trike (peut-être aussi en fauteuil avec une troisième roue ?). Le trike avec assistance électrique amène une nouvelle autonomie, et avec le plaisir de se balader à nouveau en forêt et dans la nature en général.

Pour ceux qui ne pourraient pas aller sur les sentiers de forêt, il y a aussi de nombreux chemins goudronnés qui passent autour et dans la forêt et qui restent très agréables. Attention par contre au dénivelé, ça monte et ça descend beaucoup.

Pour finir notre tour, on passe à la petite ferme du parc, plutôt destinée aux enfants. On trouve une partie dans laquelle on peut caresser et toucher les animaux (je ne suis plus une enfant depuis un moment, mais je ne résiste pas à caresser les moutons). Le débat sur les parcs zoologiques et les fermes pédagogiques est vaste, mais en tout cas les animaux ne m’ont pas semble malheureux ou maltraités.

Après notre tour en vélo, nous profitons de notre sauna privatif et notre baignoire à remous, le grand luxe !

En fin de journée, nous retournons à l’Aqua Mundo (il y a en général moins de monde après 18 heures). Il n’y a plus de clés disponibles pour la cabine PMR mais la personne de l’accueil appelle un maître-nageur pour qu’il nous ouvre une des cabines.

On attendra un moment devant les deux cabines PMR, qui sont occupées. L’une d’elle au moins l’était par un groupe de jeunes filles (qui ont dû profiter du fait que la clé ne marche par très bien ou que la cabine était ouverte), qui n’étaient pas bien pressées, même après que la maître-nageuse leur ait demandé de libérer la cabine car j’attendais.

Jusqu’à très récemment, je ne faisais jamais de réflexions quand les gens ne respectaient pas les lieux réservés aux PMR (ou dans lesquels les PMR sont prioritaires). Mais après avoir attendu une dizaine de minutes devant la cabine, j’étais bien exaspérée, et je n’ai pas pu m’empêcher de leur faire une réflexion et de leur dire qu’il était bien indiqué que la cabine était réservée aux PMR. L’une des jeunes filles a eu le culot de me dire qu’elle n’avait pas fait exprès (comme si on pouvait louper le pictogramme sur la porte de la cabine). Même si ça avait été le cas, rester dans la cabine à glousser alors que la maître-nageuse les avaient prévenus de ma présence, ça, c’était bien volontaire.

Finalement, je craignais la réaction du personnel de Center Parcs, car je ne me sens pas légitime dans mon handicap, car je peux encore marcher. Mais le personnel a été au top, n’a pas posé de questions, a été poli et respectueux. Finalement, c’est la population générale qui est beaucoup moins respectueuse.

Du coup, cette fois, on a osé aller jusqu’au bord du bassin avec le fauteuil, ce qui m’a évité pas mal de fatigue.

Troisième jour : un peu de repos

Enfin, quand je dis repos, on a tellement de mal à rester en place qu’on est quand même allé se balader en vélo dans la forêt. On fera finalement tous les jours le même parcours dans la forêt (les plus petits sentiers sont impraticables en trike), mais elle est vraiment très agréable (je ne pensais juste pas que j’aurais aussi froid aux doigts en trike !).

Par contre, on n’ira pas à l’Aqua Mundo ce jour-là, comme j’étais quand même bien fatiguée, et on se fera livrer des pizzas le soir.

Quatrième jour : on recommence le même programme

Autrement dit : repos pour moi le matin, vélo l’après-midi puis un petit tour dans notre sauna privatif et notre bain à remous, et finalement Aqua Mundo en fin d’après-midi.

Pour la première fois depuis notre arrivée, il y a un toboggan supplémentaire en service. Il y a des bouées et est vraiment sympa, avec pas mal de jets d’eau et de petites remontées (par contre attention, ça râpe un peu les fesses !).

Clairement je suis allée un peu fort au niveau de la montée d’escaliers ce jour-là, mais bon comme c’était le dernier jour, je me suis dit que ça passerait (et c’est passé, après quelques jours de repos, même si j’ai encore un peu mal aux bras aujourd’hui à force de me cramponner aux rampes d’escalier).

Cinquième et dernier jour : le départ

Il faut libérer le cottage avant 10 heures, et comme on a pas mal de route, on ne s’éternise pas (il faut aussi libérer Mamie Martien à un moment).

Finalement, ce séjour à Center Parcs nous aura fait du bien. Passer du temps rien que tous les deux, proche de la nature, dans un endroit accessible, c’était vraiment agréable.

Ce fut un réel plaisir de pouvoir retourner dans la nature avec le trike, qui me demandait très peu d’effort grâce à l’assistance électrique (et avec une très bonne autonomie, on a dépassé allègrement les 30 km malgré le fait que je mettais l’assistance très souvent à la puissance moyenne ou forte).

Pour les familles, il y a de quoi faire, y compris des activités payantes (parfois un peu chères, et j’imagine que la note peut grimper très vite, mais la plupart était dans les prix que j’ai pu voir dans des parcs d’accrobranches par exemple). Bon clairement, pendant les vacances scolaires, ça doit être bondé, alors que là, même si il y avait des familles avec de jeunes enfants, il n’y avait pas trop de monde. Si vous n’aimez pas la foule, il faut mieux privilégier les séjours hors vacances scolaires (qui sont aussi beaucoup plus abordables financièrement).

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