Les femmes et la médecine

Les femmes et la médecine

La semaine dernière, France 5 a diffusé un documentaire, dans le cadre de l’émission hebdomadaire “Le Monde en face“, sur les femmes et la médecine.

Intitulé “Femmes : les oubliées de la santé“, c’était un documentaire percutant, touchant, extrêmement intéressant.

C’est un sujet qui me tient particulièrement à coeur, depuis plusieurs années déjà, et dont je vous reparlerais plus longuement, mais ce reportage est une excellente entrée en matière – ou même si on connait déjà le sujet, d’ailleurs.

Des symptômes de l’infarctus du myocarde qui diffèrent de ceux des hommes, de la charge mentale, des retards diagnostics et de prise en charge, en passant par l’autisme au féminin, l’endométriose, et l'”hystérie”, encore bien ancrée dans l’esprit de beaucoup de soignants, énormément de choses sont abordées, et toujours de façon juste.

Enseignement de Charcot à la Salpêtrière : le professeur montrant à ses élèves (dont Joseph Babinski à droite sur le tableau) sa plus fidèle patiente, « Blanche » (Marie) Wittman, en crise d'hystérie. Détail du tableau d'André Brouillet : Une leçon clinique à la Salpêtrière, 1887).
Et oui, dans l’esprit de trop de médecins, une femme malade, c’est une femme hystérique…

C’est un documentaire très complet, dans lequel je me suis, malheureusement, beaucoup retrouvée, que cela soit durant mon parcours en tant que patiente ou celui de mes études de médecine.

Je comprends de mieux en mieux pourquoi mon errance médicale dure aussi longtemps, malheureusement… Pourquoi je ne suis pas prise au sérieux, et, très souvent, par des femmes. Et oui, car contrairement à ce que l’on pourrait penser, être face à une femme médecin ne va pas vous épargner d’être prise pour une hystérique ! C’est même – trop – souvent le contraire, les remarques et les comportements les plus maltraitants sont en majorité venus de femmes…

Cela s’explique en grande partie par le sort réservé aux femmes pendant les études de médecine. Mais ce n’en est en rien une excuse ! Ce changement, dont la médecine a bien besoin, sur la prise en compte des spécificités du corps féminin et tout simplement, sur la femme en général, ne peut se faire sans l’appui des femmes médecins.

Nous, femmes patientes, ne devons plus être victimes de ce système misogyne et sexiste, paternaliste et psychanalytique. Mais ce changement, bien trop lent encore à mon goût, ne peut survenir sans l’aide des soignants, hommes et femmes. Parce qu’être traitée d’hystérique, même si ce n’est que sous-entendu, parce qu’être sous-diagnostiquée, mal soignée, mal traitée, simplement parce que l’on est une femme, n’est plus quelque chose d’acceptable au 21ème siècle.

N’hésitez pas à regarder ce très beau documentaire et le débat, très enrichissant aussi, qui suit !

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