Handiski à La Plagne

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Cet hiver, la famille Martien était à La Plagne pour ses premières vacances à la neige depuis que je suis en fauteuil roulant ! Papa Martien et moi avons pu découvrir l’handiski et descendre nos premières pistes ensemble.

L’handiski

Qu’est-ce que l’handiski ?

Le handiski est, tout simplement, du ski adapté aux personnes à mobilité réduite.

Le leader sur le marché français est la marque Tessier. La marque commercialise plusieurs modèles, pour tout type de handicap, de l’handiskieur qui pratique en compétition à l’handiskieur qui ne peut pratiquer du tout et qui sera piloté par une autre personne.

La gamme Solo de Tessier, à utiliser en autonomie :

La gamme Duo de Tessier, pour les personnes partiellement autonomes ou totalement dépendantes :

De notre côté, nous avions choisi de partir sur un Tempo Dualski avec barre d’assistance, pour, au fur et à mesure des saisons, évoluer vers une autonomie de plus en plus importante pour moi. Après tout, je skie depuis l’âge de 5 ans, et il y a deux ans, je skiais encore debout.

A quoi ressemble le Dualski que j’ai utilisé ?

Voici le Tempo Dualski de Tessier dans lequel j’étais installée :

La barre d’assistance/de pilotage est la barre que vous voyez derrière moi et qui peut se plier complètement quand on prend le télésiège ou partiellement quand Papa Martien m’assiste ou pilote.

Les stabilisateurs (modèle Tracer) sont des sortes de béquilles sur lesquelles je m’appuie à l’arrêt et qui me permet de m’équilibrer et de me diriger quand je skie. A leur extrémité se trouvent des patins, et au niveau de l’avant-bras, des sangles qui se fixent autour des avant-bras.

Si comme moi vous n’êtes pas grand.e (je fais 1,52m), vous risquez d’avoir quelques soucis avec le matériel d’handiski, à partir du moment où vous voulez devenir autonome :

  • pour le Dualski en lui-même, mes pieds ne touchaient pas le repose-pied, je me suis retrouvée avec les pieds dans le vide, les pieds maintenus uniquement par une sangle ; ce n’était pas très confortable. J’ai vu par la suite que Tessier commercialise un repose-pied rehaussé, mais j’ignore si Oxygène ou Magic Bastos en ont un.
  • pour les stabilisateurs, même réglés au plus court, la sangle m’arrivaient au niveau du pli du coude, et la partie arrière du stabilisateur arrivait encore plus haut. En cas de chute ou de bosses sur la piste de ski, le stabilisateur avait tendance à me faire mal au bras ou dans le pli du coude. Je n’ai pas vu de solution à ce problème.

comment se pratique le dualski ?

Parce qu’une vidéo est plus parlante qu’une explication, en voici une :

Je vous rassure, ces handiskieurs ont un très bon niveau. La première saison, personne ne va skier à ce niveau.

Petit détail important pour la suite : comme vous le voyez sur la vidéo, les handiskieurs écartent leur bras plus ou moins loin de leur corps selon le degré de la pente, il faut donc une bonne motricité des membres supérieurs.

Où pratiquer l’handiski ?

L’été dernier, mon premier depuis que je suis en fauteuil, nous nous sommes retrouvés au lac de Serre-Ponçon, sans trop nous renseigner à l’avance sur les activités qui me seraient accessibles sur place – et il n’y en a avait pas beaucoup, ou alors elles étaient très chères.

Je me suis retrouvée à chercher sur Internet des activités handisport dans le coin, et bien que je n’en ai pas trouvé, je suis tombée sur un autre site parlant de handisport : celui de Magic Bastos, un sportif paraplégique qui pratique notamment de l’handiski et du wakeboard assis.

Moi qui suis une grande passionnée de ski depuis mon enfance, et encore plus depuis ma rencontre avec Papa Martien qui m’a appris à faire du télémark, savoir que je ne pourrais très probablement plus jamais remonter sur des skis quand j’ai commencé à devoir me déplacer en fauteuil a été un vrai déchirement.

Papa Martien et moi moins de deux ans avant que je commence à me déplacer en fauteuil roulant.

Alors découvrir, grâce à Magic Bastos, que l’handiski était une possibilité, m’a redonné de l’espoir. J’ai lu en long, en large et en travers toute la partie sur l’handiski, et c’est à partir de ce moment-là que c’est profilé l’envie de tenter, cet hiver, l’handiski.

Au début, comme nous habitons à moins de deux heures du Jura, je voulais prendre quelques heures de cours dans le Jura en partant sur une journée, comme nous le faisions déjà quand nous skiions tous les deux debout. Mais j’ai eu beaucoup de mal à trouver des écoles de ski qui proposaient des cours comme nous le souhaitions dans les deux stations les plus proches de chez nous.

Finalement, nous avons décidé de partir à La Plagne, station pour laquelle on trouvait de nombreux renseignements au niveau de l’accessibilité sur le site de Magic Bastos et sur laquelle l’association prêtait du matériel d’handiski, c’était donc le plus simple pour nous.

Nous avons également choisi de prendre quelques heures de cours d’handiski avec l’école de ski recommandée par Magic Bastos, Oxygène.

Si vous êtes déjà autonome en handiski ou possédez votre propre matériel, beaucoup de stations de skis vous seront accessibles. Attention toutefois, les téléskis et les télécabines sont plus compliqués à prendre (les téléskis notamment nécessitent un équipement supplémentaire).

Avant d’être en fauteuil roulant, je suis allée dans beaucoup de stations de skis, et jusque là, La Plagne me semble la plus adaptée à l’handiski et la plus accessible au niveau du handicap.

Comment apprendre l’handiski ?

Si vous n’avez jamais fait d’handiski, il est fortement recommandé de prendre au moins quelques heures de cours, selon votre handicap et votre niveau de ski antérieur.

Skier avec d’autres handiskieurs est aussi enrichissant, même si je n’ai pas encore eu l’occasion de le faire – et que mes problèmes de sociabilité me gêneront pour rentrer en contact avec d’autres handiskieurs.

Je ne vais pas vous mentir, apprendre l’handiski prend du temps et de la persévérance – temps qui va bien sûr varier selon les personnes, le handicap, le niveau de ski antérieur… Mais vous ne dévalerez pas des pistes noires la première semaine !

Les cours d’handiski

J’avais initialement réservé trois heures de ski avec l’école de ski Oxygène de La Plagne le dimanche, notre premier jour de ski. J’avais échangé par mail avec Oxygène, ils avaient été très pro. J’avais bien précisé que je n’avais jamais fait d’handiski mais que mon but, mon envie, était de devenir, à terme, autonome en handiski.

D’après ce que j’avais lu et vu sur Internet et étant donné mon passé important de skieuse, trois heures me semblait déjà un bon début – sans compter le prix déjà conséquent de trois heures de cours particulier.

A vrai dire, je n’ai jamais pris de cours pour apprendre à faire du ski : mon grand-père m’a appris le ski de piste, et Papa Martien m’a appris le télémark. Quelque soit le sport (et avec Papa Martien, avant mes problèmes de santé, on avait tendance à jouer sur plusieurs fronts question sport), j’ai toujours fonctionné de la même façon : quelqu’un m’apprenait les bases et les règles de sécurité, et pour le reste, je marchais au feeling – autrement dit, je faisais appel à mon sens de l’observation et des détails, très développé, à mon instinct, à mes intuitions – pour me perfectionner.

Et jusque là, ça avait toujours marché. On peut dire que je suis quelqu’un d’autodidacte et qui aime l’être.

Le jour du cours arrive, et j’explique à mon moniteur mon handicap (une faiblesse musculaire au niveau du bassin surtout et des épaules) et mon envie (devenir autonome peu à peu en handiski, et, en attendant, être aidé par Papa Martien).

Les heures de cours passent, et finalement, c’est le moniteur qui gèrent tout : la montée et la descente du télésiège, le pilotage du dualski. Il me donne quelques conseils : ouvrir le poignet du côté duquel on veut faire le virage, regarder loin de l’autre côté de la piste, bien écarter le bras pour garder l’équilibre. Sauf que, comme je le dis à mon moniteur, je ne peux pas écarter le bras de mon corps à cause de la faiblesse musculaire au niveau de mes épaules. Mais rien n’y fait, mon moniteur réitère le même conseil sans s’adapter à mon handicap. Je trouverai quelques jours plus tard moi-même la parade à ce problème.

Au niveau des épaules, le muscle impacté qui me gêne le plus est en effet probablement le muscle deltoïde :

En avril 2019, lorsque mon kiné avait réalisé un testing musculaire, le deltoïde était côté à 3/5 (0/5 étant l’absence de mouvement et 5/5 étant une force musculaire normale), ce qui n’est pas normal pour une personne de mon âge (ou même une personne plus âgée d’ailleurs). Depuis, il y a presque un an, ma force musculaire s’est très probablement dégradée. C’est en tout cas quasiment impossible pour moi de lever les bras au-dessus de ma tête par exemple.

Le deltoïde a aussi une fonction d’abduction, c’est-à-dire qu’il permet au bras de s’éloigner du corps. Quand j’essaye de réaliser ce type de mouvement, mon coude se colle automatiquement à mon corps et seul mon avant-bras se décolle de mon corps mais pas mon bras ou mon épaule. C’est pour cela que je n’arrivais pas à faire ce que le moniteur me demandait – j’en étais tout simplement incapable physiquement.

Peu avant la fin du cours, le moniteur me dit – ou c’est ce que je comprends de ce qu’il me dit – que je ne pourrai pas être autonome en handiski. Je ne vais pas vous mentir : je n’encaisse pas bien le coup, et, la fatigue n’aidant pas, je manque de fondre en larmes. Il demande quel est le problème, et Papa Martien et moi lui expliquons qu’on ne s’attendait pas à ça, qu’on pensait qu’il montrerait à Papa Martien comment m’assister pour la prise de télésiège et à lui apprendre à me piloter. Il semble surpris, comme si on ne lui avait jamais parlé de tout cela. Il ajoute que si c’est ce que l’on veut, il faudra prendre au moins deux heures de cours supplémentaires. Et là, clairement, on se sent obligé de prendre les heures de cours en plus.

Le lendemain, les deux heures de cours supplémentaires seront donc limitées à faire piloter Papa Martien le Dualski et à m’aider à la montée et à la descente du télésiège.

A aucun moment durant ces cinq heures de cours, malgré mon envie d’autonomie, le moniteur ne lâchera la barre d’assistance, même sur une piste verte.

Clairement, les deux heures de cours supplémentaires ont été en trop pour Papa Martien et moi. En plus du coût non négligeable, qui n’était pas prévu pour les deux autres heures (192 euro les trois heures + 160 euro les deux heures), elles ne m’ont rien apporté techniquement. Papa Martien n’avait pas non plus besoin de deux heures pour m’aider à monter et descendre d’un télésiège ou m’aider à me piloter, en une demi-heure il avait tout compris. Cette partie aurait donc pu aisément être incluse dans mes trois premières heures de cours.

Ce qui va suivre ne tient que de mon ressenti personnel, mais en tant que femme, handicapée et neuroatypique, je me suis sentie en position de faiblesse, ni comme une skieuse débutante, ni comme une cliente dont on respecte au maximum les besoins et les envies. Il m’a fallu plusieurs jours pour retrouver confiance en moi et en mes capacités d’apprentissage.

Nous avons également globalement trouvé notre moniteur un peu trop surprotecteur, malgré l’expérience de Papa Martien et de moi-même en ski debout (était-ce mon handicap ? Doutait-il de mon passé de skieuse ? Etait-ce sa façon d’être avec les femmes en général ?).

Mais si je veux apprendre l’handiski à la plagne, est-ce que tu conseilles quand même de prendre des cours avec oxygène ?

Oui. En dehors de mon expérience, Magic Bastos n’a eu également que des retours positifs sur les moniteurs.

En revanche, si vous prenez des cours auprès d’eux, n’hésitez pas à répéter vos envies et vos besoins, poser des questions, demander si vos envies sont en adéquation avec votre handicap et/ou votre niveau de ski antérieur, combien d’heures de cours seront nécessaires, etc.

J’espère sincèrement que mon expérience est juste un accroc dans leur parcours.

Et si je veux accompagner un handiskieur ?

En Tempo Dualski (ou Uniski, cela revient au même), grâce à la barre d’assistance/de pilotage, vous pouvez tout à fait accompagner et aider un handiskieur, même si il est débutant, comme Papa Martien et moi l’avons fait.

Attention, il faut que l’accompagnateur ait un bon niveau de ski de piste, le Dualski est assez lourd et il faut rajouter le poids de la personne qui est dedans. Il faut donc avoir de bons réflexes pour pouvoir s’arrêter ou freiner rapidement.

Il est fortement recommandé de prendre quelques heures de cours pour pouvoir apprendre à piloter et aider l’handiskieur pour la prise du télésiège, mais cela peut se faire pendant les cours que prend l’handiskieur débutant.

Après confirmation prise auprès de Tessier, le fabricant du Dualski, si vous vous orientez vers une utilisation autonome du Dualski, il n’est absolument pas obligatoire de prendre un certain nombre d’heures de cours ou d’avoir une accréditation pour piloter et accompagner une personne en Dualski. Si une école de ski veut vous faire prendre des heures de cours de ski supplémentaires avec cet argument, sachez que ce n’est absolument pas vrai et que c’est un argument mensonger vous poussant à prendre d’autres heures de cours. Bien sûr, si vous sentez le besoin de prendre plus d’heures de cours, n’hésitez pas.

Le reste de la semaine sans moniteur

avec assistance

Dès la fin du deuxième cours, nous avons voulu, avec Papa Martien, testé le Dualski tous les deux.

Sans le moniteur qui corrigeait toujours les mêmes « erreurs » et ne me guidait pas vers l’autonomie, mais que j’étais toujours incapable de corriger à cause de ma faiblesse musculaire, j’ai pu plus facilement et assez rapidement trouver mes marques.

Papa Martien a lui aussi compris rapidement comment m’aider voire piloter le Dualski dans les parties les plus dures des pistes de ski. Je le sentais tout de même un peu stressé, et il avait du mal à savoir dans quelle direction je voulais faire mon virage. On a donc trouvé une astuce : je lui annonçais tout simplement que j’allais tourner vers la gauche ou vers la droite quelques secondes avant de le faire.

« Stressé » est peut-être un euphémisme, au début on ressemblait grosso modo tous les deux à ça :

En fin de semaine, on a même pu se passer de cette astuce sauf quand on était fatigué ou que la piste était compliquée (verglacée, avec trop de bosses, trop de monde par exemple).

Avec assistance sur une piste avec pas mal de bosses (et de monde !)
sans assistance

Vers le milieu de semaine, en suivant les conseils prodigués par mon moniteur, j’ai essayé de faire quelques virages seule. Mais il n’y avait pas moyen, sa méthode ne fonctionnait pas et je finissais toujours pas tomber, probablement parce que je ne prenais pas assez de vitesse dans le virage.

En gros, ça donnait ça :

Peu à peu, j’ai essayé de trouver un moyen de pallier au problème que n’ont pas la majorité des autres handiskieurs, pour la plupart paraplégiques ou tétraplégiques incomplets et qui peuvent donc écarter leurs bras. Comme je ne peux pas le faire, j’ai fini par trouver une parade : je parviens à écarter mes poignets et mes mains de mon corps si je colle mes coudes au corps, mes épaules en rotation externe. Les stabilisateurs sont donc plus écartés et j’ai un peu plus d’équilibre, même si je pense que l’équilibre n’est pas le même qu’un handiskieur qui n’a pas de faiblesse musculaire au niveau des épaules.

J’ai également trouvé une autre astuce pour m’équilibrer dans les virages plus serrés sur les pistes plus pentues, même si je n’arrive pas encore à y être autonome (et qui marche bien sûr aussi pour tous les virages). J’utilise une technique que j’ai apprise en télémark : je me « relève » en me tenant bien droite en début de virage, puis une fois le virage amorcé et le stabilo orienté dans la direction du virage, je me penche vers l’avant. Puis à la fin du virage, je me relève et enchaine un niveau virage. Et au lieu de garder le regard de façon prolongée au loin dans le virage, je ne tourne la tête en direction du stabilo qu’au moment où je suis dans le virage. Ce moment est court, une ou deux secondes, et l’instant d’après quand je me relève, je regarde en direction du bas de la pente.

Vous pouvez voir dans cette vidéo de mes premiers virages seule ma difficulté à écarter mes bras, contrairement à ce que l’on peut voir dans la vidéo de Tessier :

Mes premiers virages seule et sans chute !

Pour ce qui est de la prise des télésièges, alors que j’avais eu des difficultés à la descente d’un télésiège avec mon moniteur, nous n’en avons eu aucune quand nous étions tous les deux avec Papa Martien.

Il faut dire que le conseil que lui avait donné mon moniteur ne fonctionnait pas (je ne sais pas si c’était le conseil en lui-même, Papa Martien qui ne l’appliquait pas exactement comme mon moniteur le voulait ou moi qui me tenait mal à la sortie du télésiège). Encore une fois, quand Papa Martien a trouvé l’astuce qui fonctionnait pour lui, nous n’avons eu aucun souci et il a su m’accompagner sans que je ne chute une seule fois.

Comment prendre un télésiège

Le personnel des remontées mécaniques n’hésitaient pas à venir à notre rencontre pour nous aider ou nous demander si on avait besoin qu’ils ralentissent le télésiège. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à leur demander.

Il y a aussi un coupe-file, sur la droite ou la gauche de la file d’attente du télésiège, en général du côté de celui prévu pour les écoles de ski, n’hésitez pas à l’emprunter, il est fait pour ça.

Il y a une sorte de « goupille » sous la coque du Dualski à pousser pour permettre au vérin de se relâcher. Il faut alors, une fois arrivé à l’endroit où le siège du télésiège va arriver, pousser sur les stabilisateurs pour se soulever (on se retrouver alors les fesses en l’air en quelque sorte) et tenir jusqu’à l’arrivée du télésiège.

Mon moniteur m’avait dit, une fois le Dualski relevé, de mettre les stabilisateurs le plus près possible du bout des skis pour tenir en équilibre (les stabilisateurs ont des pointes sous le patin qui permettent une bonne accroche). Mais comme je suis petite, j’ai aussi forcément des petits bras, et les skis étant par contre longs, je n’y arrivais pas. J’ai donc fini par mettre les stabilisateurs un peu moins loin de la pointe des skis.

A cause de ma petite taille (encore elle, décidément !), je ne pouvais pas atteindre la « goupille » moi-même, c’est donc Papa Martien qui s’en chargeait et qui s’occupait aussi de rabattre la barre d’assistance.

Les skieurs qui prennent le télésiège avec vous ne doivent pas poser leurs skis sur les barres repose-ski, le Dualski étant haut, cela peut déséquilibrer l’handiskieur et le faire pencher vers l’avant.

On voit bien Papa Martien et ses skis qui sont dans le vide.

Ce qui n’est pas évident non plus est de trouver le bon emplacement pour s’asseoir sur le télésiège. Comme vous le voyez sur la photo plus haut, beaucoup de télésièges sont maintenant équipés de dispositifs pour empêcher les enfants de tomber ou de glisser. Mais ces dispositifs ne sont pas du tout compatibles avec le Dualski. En effet, si vous vous asseyez à une de ces places, la hauteur du Dualski empêchera la barre du télésiège de bien s’abaisser, ce qui peut être dangereux pour vous et pour les autres.

Sur la plupart des télésièges, c’est une question de centimètres, et surtout au début, je me plaçais mal. Ce n’est pas très rassurant, et il faut au maximum éviter ce genre de situations, mais en posant le bras sur la barre du télésiège et avec votre accompagnant qui peut vous retenir en cas de soucis, cela peut passer si vous avez mal « visé » (ça nous est arrivé plus d’une fois !).

A la sortie du télésiège, je laissais Papa Martien me guider avec la méthode qu’il avait trouvé, il arrivait bien à me rattraper si je commençais à perdre l’équilibre.

N’oubliez pas de remettre la goupille dans la bonne position à la sortie du télésiège, autrement on se sent très rapidement déséquilibré.e.

A noter aussi le professionnalisme et l’attention du personnel des remontées mécaniques qui nous aidaient à la montée ou à la descente des télésièges, pour les ralentir, aider Papa Martien à bien me positionner sur le siège du télésiège, à m’avancer jusqu’au télésiège ou à descendre du télésiège. Merci à eux !

Et niveau sensations, qu’est-ce que ça donne ?

Pour moi, les sensations et les mouvements se rapprochent plus du télémark que du ski (ça tombe bien, c’est ce qui me manquait le plus).

Ca reste malgré tout ni vraiment du ski de piste, ni vraiment du télémark mais un sport de glisse à part entière, avec ses propres sensations, grâce à un centre de gravité bas, une prise en main pas si facile que ça, et un niveau technique, à la fois de la pratique et du Dualski ou de l’Uniski qui promet que l’on s’en ne lassera pas, quelque soit le niveau ou la façon dont on veuille en faire (en loisir ou en compétition, sur pistes ou en freeride ou en freestyle…).

Et ça permet aussi d’être au plus près de la montagne, ce qui n’est pas si facile en été, et ce qui m’a énormément manqué, tant j’aime la montagne.

Ca, c’est le genre de vue qui m’a manqué :

Mais aussi tous ces moments-là :

Où stocker son dualski ?

Voici une question bien épineuse. Je ne sais pas comment font les autres handiskieurs, mais le Dualski (ou l’Uniski) est imposant et lourd et nécessite un chariot pour être transporté.

De ce côté là, il n’y a pas vraiment de moyen d’être totalement autonome, sans compter le fait qu’une fois installé dans votre Dualski, il faudra aussi trouver un endroit où stocker votre fauteuil roulant.

Pour ma part, c’est Papa Martien qui remontait mon fauteuil roulant dans notre appartement.

Pour le Dualski que nous avions en prêt, le personnel du magasin de location de ski Skiset situé dans le bâtiment les Drus à Plagne Soleil, où nous avons loué les skis de Papa Martien et de Mini-Martien, a très gentiment accepté de stocker le Dualski quand nous ne l’utilisions pas. Merci beaucoup à eux !

Quelques astuces

Ces astuces vont un peu sonner comme des injonctions, mais je vous rassure, ça n’en sont pas !

Couvrez-vous bien !

Je suis assez frileuse de base, alors en sachant que je ne bougerais pas beaucoup le bas du corps, j’avais mis le paquet :

  • prévoyez des chaussures bien chaudes et des chaussettes de ski (malgré ça, j’ai eu quand même froid aux pieds)
  • n’oubliez pas de prendre des moufles ou des gants bien chauds également
  • habillez-vous comme si vous alliez skier debout : en bas, un collant thermique et un pantalon de ski, et en haut, un haut à manche longue thermique +/- un T-shirt, une polaire et un manteau
  • vos jambes seront recouvertes d’une couverture fournie avec le Dualski qui vous protègera des projections de neige ou de la pluie mais n’apportera pas forcément de chaleur.
D’où l’intérêt de bien se couvrir !
N’ayez pas peur de dire que vous avez peur

Personnellement, je n’ai jamais vraiment eu peur sur les pistes, surtout sachant que Papa Martien était là pour freiner en cas d’urgence. Mais je n’hésitais pas à lui dire de freiner ou de ralentir à certaines occasions.

Si vous avez certaines craintes à certaines occasions, que cela soit avec votre moniteur ou votre accompagnant, n’hésitez pas à le dire : le centre de gravité plus bas sur le Dualski peut être assez impressionnant et même sur des pistes peu pentues, on peut rapidement gagner de la vitesse.

ne prenez pas de risque

Comme en ski debout ou n’importe quel sport d’hiver, respectez les règles de sécurité habituelles (maitriser sa vitesse, respecter le skier situé en aval, ne pas s’engager sur une piste qui n’est pas de notre niveau…).

Au début de l’apprentissage de l’handiski, on est parfois tellement concentré sur nos virages, la manière de les effectuer, que l’on en oublie les autres utilisateurs. C’est pour cela que je demandais à Papa Martien de surveiller pour moi les autres skieurs.

Ne skiez pas seul.e

Si vous êtes débutant.e, il est vraiment préférable de ne pas skier seul.e. D’une part, pour être rassuré.e et guider ou piloter si besoin. D’autre part, vous pouvez avoir besoin d’aide pour la prise de télésiège.

Protégez-vous des chutes

Si vous avez les épaules fragiles, vous pouvez opter pour des épaulières comme celles que l’on trouve pour le hockey sur glace. Je n’en avais pas mais j’ai pris de bons chocs sur les épaules, en cas de chute, ce sont surtout le haut des bras/les épaules qui absorbent les chocs.

N’oubliez pas le casque de ski non plus, même si les chutes n’ont pas l’air violentes ou qu’on n’a pas l’impression de tomber de haut, le bas du corps et le tronc est finalement bien maintenu et ce sont les épaules et la tête qui prennent le plus de choc.

Spoiler : ce n’est pas du tout pratique pour prendre des photos !

Et oui, depuis que je suis en fauteuil, l’handiski est la façon la moins pratique que j’ai testée pour prendre photos ! Papa Martien et Mamie Martien ont pris plusieurs photos heureusement, mais pour mes photos de Lego, ce n’est vraiment pas pratique, comme vous pouvez le voir !

Non, non, je ne suis pas tombée, juste couchée sur le côté pour pouvoir prendre des photos !
trouvez vos propres astuces !

Prenez le temps de découvrir le Dualski, de trouver votre équilibre, d’adapter les conseils que l’on vous donne à votre handicap et votre rythme, et si besoin, trouvez votre propre parade à un mouvement que vous n’arrivez pas à faire, comme je l’ai fait.

et surtout, ne perdez pas confiance en vous !

Pas comme moi en somme ! Enfin, j’ai fini par reprendre confiance en moi, et j’ai réussi à attendre le but que je m’étais fixé, et même plus : enchainer quelques virages seule, et surtout, prendre du plaisir à retrouver ces sensations de glisse sur la neige !

Et à la fin, ça finit par donner ça, ce n’est pas parfait certes mais ça fait tellement plaisir !

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